Les Elfes
Aller directement une autre traduction :
Rédigé par Dior

Les Elfes étaient les premiers des Incarnés, les Aînés des Enfants d’Ilúvatar, par rapport aux Hommes, qui en étaient les Cadets. Ils étaient connus comme les Premiers-Nés.

1. Origine et premiers jours

Alors que Varda venait d’achever la création des nouvelles étoiles par la mise en place de la Valakirka, en 1050 des années des Arbres, les cent quarante-quatre premiers Elfes s’éveillèrent à Cuiviénen, sous la lumière des étoiles qu’ils aimèrent immédiatement, causant leur admiration à venir pour Varda, qu’ils ne connaissaient pas encore. Ils commencèrent aussitôt à nommer tout ce qui les entourait et à chanter, ce qui fit qu’un jour de 1085, Oromë les entendit et les découvrit. Cette découverte ayant été rapportée aux Valar, ceux-ci tinrent conseil en 1086 et décidèrent, afin d’assurer la sécurité des Elfes menacée par Melkor, de partir en guerre contre ce dernier en 1090; Melkor n’oublia jamais cela et en tint toujours rigueur aux Elfes. Cette guerre s’étant achevée en 1099 par leur victoire, les Valar se réunirent à nouveau en 1101 et décidèrent d’appeler les Quendi en Aman. Ceux-ci s’étant relevés réticents, Oromë emmena alors trois ambassadeurs en Aman, Ingwë, Finwë et Elwë. À leur retour en 1104, ceux-ci témoignèrent de la magnificence d’Aman et de la beauté des Deux Arbres, et parvinrent à convaincre nombre des leurs à se lancer dans le Grand Voyage, qui débuta en 1105. Mais tous ne les suivirent pas, causant la première division des Elfes.

At Lake Cuiviénen.

Avec l'aimable autorisation de Ted Nasmith.
http://www.tednasmith.com

2. Divisions

Les divisions étaient nombreuses chez les Elfes, révélant une grande partie de leur histoire :

  • selon celui des trois premiers Elfes auxquels ils furent rattachés : Minyar, Tatyar ou Nelyar, respectivement par après Vanyar, Noldor (au sens large) et Teleri ou Lindar (les deux au sens large);
  • selon leur position par rapport à l’appel des Valar et leur rapport à Aman : Avari (dont faisaient partie des Tatyar et des Nelyar) ou Avamanyar, Umanyar et Amanyar;
  • selon qu’ils virent ou non la lumière des Deux Arbres : Calaquendi et Moriquendi;
  • selon qu’ils accomplirent ou non le Grand Voyage jusqu’à son terme : Eldar et Tareldar.

Le Grand Voyage fut également la source de nouvelles divisions. Ainsi, ceux qui le quittèrent à leur arrivée dans la vallée de l’Anduin en 1128 devinrent les Nandor, dont certains, passant l’Ered Luin en 1350, furent connus comme les Laiquendi. Le reste des Teleri (au sens large) se divisa ensuite en Amanyar Teleri (donc au sens restreint), qui quittèrent la Terre du Milieu en 1150, et en Sindar (ou Eglath / Eglain, termes qui finirent néanmoins par s’appliquer plus particulièrement aux Elfes des Falas), qui s’établirent en Beleriand. Ceux-ci se divisèrent à leur tour en fonction du lieu où ils s’établirent en Iathrim, Mithrim et Falathrim.

S’ensuit un tableau schématisant ces divisions, ainsi qu’une brève description de chacune d’entre elles.

Quendi : « Ceux qui parlent ». Nom que les cent quarante-quatre premiers Elfes se donnèrent, lorsqu'ils s'éveillèrent à Cuiviénen en 1050 des années des Arbres. Ils étaient divisés à l'origine en trois groupes : les Minyar, les Tatyar et les Nelyar.

Minyar : « les Premiers ». Les Elfes descendant des quatorze "compagnons d'Imin". Ils furent par après connus comme les Vanyar.

Tatyar : « les Deuxièmes ». Les Elfes descendants des cinquante-six "compagnons de Tata". Ils furent par après appelés les Noldor. La moitié d'entre eux, les suivants de Morwë, refusa d'effectuer le Grand Voyage; ils devinrent de ce fait des Avari. L'autre moitié suivit Finwë.

Nelyar : « les Troisièmes ». Les Elfes descendants des soixante-quatorze "compagnons d'Enel". Ils furent par après appelés les Teleri. Le tiers d'entre eux, les suivants de Nurwë, refusa d'effectuer le Grand Voyage; ils devinrent de ce fait des Avari. L'autre moitié suivit Elwë et Olwë.

Eldar ou Eldalië : « le Peuple des étoiles ». À l'origine le nom qu'Oromë donna aux Elfes, lorsqu'il les découvrit à Cuiviénen, en 1085 des années des Arbres. Le nom fut par après appliqué aux quatre-vingt-huit Elfes qui le suivirent lors du Grand Voyage, qu'ils arrivèrent ou non en Aman, et à leurs descendants.

Tareldar : « les Hauts Eldar ». Les soixante-deux Eldar qui atteignirent finalement Aman, à la fin du Grand Voyage, et y vécurent. Il s'agissait donc des Vanyar, des Noldor et des Teleri (au sens restreint).

Amanyar : « Ceux qui sont d’Aman ». Les soixante-deux Elfes qui effectuèrent le Grand Voyage et arrivèrent en Aman, et leurs descendants. Ils regroupaient les Vanyar, les Noldor et les Teleri (au sens restreint).

Avamanyar : "Ceux qui n’allèrent pas en Aman parce qu’ils ne le voulaient pas", un synonyme d’Avari.

Úmanyar : « Ceux qui ne sont pas d’Aman ». Les vingt-six Elfes qui effectuèrent le Grand Voyage mais n’arrivèrent pas en Aman, ainsi que leurs descendants. Ils regroupaient les Sindar (au sens large) et les Nandor.

Kalaquendi : « Elfes de la Lumière ». Les Elfes qui avaient connu la lumière des Deux Arbres, en Aman. Le terme s’appliquait aux Vanyar, aux Noldor et aux Amanyar Teleri, ainsi qu'à un seul des Sindar, Elwë (du fait de son voyage en Aman en tant qu’ambassadeur des Quendi, avec Ingwë et Finwë, de 1102 à 1104 de l’Âge des Arbres).

Moriquendi : « Elfes de la Nuit ». Les Elfes qui ne connurent jamais la lumière des Deux Arbres, en Aman. Le terme s’appliquait aux Sindar (au sens large), aux Nandor et aux Avari; le seul des Sindar à faire exception était Elwë (du fait de son voyage en Aman en tant qu’ambassadeur des Quendi, avec Ingwë et Finwë, de 1102 à 1104 de l’Âge des Arbres). Il était employé comme insulte par certains Noldor.

Avari : « Ceux qui refusèrent ». Les cinquante-six Elfes qui refusèrent l’appel des Valar. En effet, certains des Tatyar (vingt-huit), menés par Morwë, et des Nelyar (vingt-huit), menés par Nurwë, rejetèrent l’appel des Valar, soit qu’ils préféraient rester à Cuiviénen plutôt que de se lancer dans une longue marche devant les conduire au pays des Deux Arbres auxquels ils ne croyaient pas, soit qu’ils prêtaient foi aux rumeurs propagées par Melkor et se méfiaient, voire craignaient, les Valar, soit qu’ils n’étaient pas présents quand la décision fut prise et que le Grand Voyage commença.

Vanyar : « les Blonds, les Beaux ». Nom donné par les Noldor aux Minyar, les Elfes du premier clan, et le nom sous lequel ils furent connus par après.

Noldor : « les Sages, les Savants ». Nom donné aux Tatyar par les Elfes des deux autres clans en raison de leur savoir et de leur habileté.

Teleri : « Ceux qui s’attardent ». Nom donné aux Nelyar par les Elfes des deux autres clans, en raison du fait qu’ils étaient toujours les derniers lors du Grand Voyage. Par la suite, le terme en vint à désigner les Amanyar des Teleri, dirigés par Olwë.

Lindar : « les Chanteurs ». Nom que se donnèrent les Nelyar. Les Noldor l’utilisaient pour désigner l’ensemble des Nelyar, y compris les Avari de ce clan (lesquels continuèrent à se désigner par ce nom).

Sindar : « les Gris ». Nom donné par les Noldor à la partie des Teleri qui refusa de quitter le Beleriand à la suite de la perte d’Elwë, en 1130 de l’Âge des Arbres. Ils se divisèrent ultérieurement en Falathrim, Iathrim et Mithrim.

Eglain ou Eglath : « les Abandonnés ». Nom que les Sindar se donnaient. Il finit par s’appliquer plus spécifiquement aux Falathrim.

Falathrim : « le Peuple des côtes ». Nom des Sindar installés sur les côtes du Beleriand, menés par Círdan (sous la suzeraineté d'Elwë), qu'Ossë persuada de rester en Terre du Milieu lorsque Olwë partit pour Aman avec une grande partie des Teleri.

Iathrim : « le Peuple de la barrière ». Sindar de Doriath (« le Pays de la barrière »), le peuple de Thingol.

Mithrim : « le Peuple gris ». Sindar d'Hithlum, plus spécialement des abords du Lac Mithrim qui prit leur nom (tout comme la région, le Pays de Mithrim). Ils se mélangèrent facilement aux Noldor qui s'établirent dans la région. Ils s'habillaient souvent de gris et tissaient des manteaux qui pouvaient presque rendre invisible.

Nandor : « Ceux qui reviennent en arrière ou sur leur décision ». Elfes du groupe des Teleri qui entamèrent le Grand Voyage vers Aman, en 1105 de l’Âge des Arbres. Néanmoins, alors que le gros des Teleri passait l’Ered Luin et entrait en Beleriand en 1128, une partie d’entre eux, menée par Lenwë, préféra rester dans la vallée de l’Anduin. Ces Elfes, les Nandor, se répandirent alors dans cette vallée ainsi qu’en Eriador. Aimant les forêts, ils étaient aussi appelés les Elfes Sylvestres ou Elfes Sylvains. Ceux qui n'entrèrent pas en Beleriand sont parfois appelés les Tawarwaith.

Laiquendi : « Elfes Verts ». Elfes du groupe des Nandor, menés par Lenwë et vivant dans la vallée de l’Anduin. L’insécurité qui se mit à augmenter dans les années 1300 de l’Âge des Arbres poussa une partie d’entre eux, menée par Denethor, fils de Lenwë, à franchir l’Ered Luin en 1350.

Dans un souci d’exhaustivité, il reste en outre à mentionner les Pereldar ou Peredhil : les Semi-Elfes, fruits des unions d'Elfes et d'Hommes, auxquels était accordé le choix de leur destinée. Le même choix était également offert aux descendants des Semi-Elfes ayant choisi la destinée elfe. Leur nombre fut assez limité :

  • Dior, fils de Beren et de Lúthien, dont on ne connaît pas le choix, mais dont on peut supposer qu'il choisît la destinée elfe,
  • Eluréd et Elurín, fils de Dior et de Nimloth, dont on ne connaît pas le choix,
  • Elwing, fille de Dior et de Nimloth, qui choisit la destinée elfe, en souvenir de Lúthien,
  • Eärendil, fils de Tuor et d'Idril Celebrindal, qui choisit la destinée elfe en raison du choix de sa femme, Elwing,
  • Elros, fils d'Eärendil et d'Elwing, qui choisit la destinée humaine,
  • Elrond, fils d'Eärendil et d'Elwing, qui choisit la destinée elfe,
  • Elladan et Elrohir, fils d'Elrond et de Celebrían, qui semblent avoir choisi la destinée elfe, et
  • Arwen, fille d'Elrond et de Celebrían, qui choisit la destinée humaine par amour pour Aragorn.

Théoriquement, Galador, premier prince de Dol Amroth, et Gilmith, les enfants d'Imrazôr et de Mithrellas, devraient également être des Semi-Elfes. Mais aucun texte ne les qualifie ainsi. Peut-être Eldarion, fils d'Aragorn et d'Arwen pourrait-il être également compté dans cette catégorie, mais aucun texte n'en fait état.

3. Description

Les Elfes étaient des créatures incarnées et possédaient à ce titre une fëa (âme, esprit) et une hröa (corps), unies l’une à l’autre et toutes deux liées à Arda, ce qui entraînait des conséquences sur leur destinée. Leurs fëar étaient cependant bien plus fortes que leurs hröar, en raison du Marrissement, et finirent par les consumer, rendant les Elfes invisibles au terme du processus, excepté en Aman.

Ambidextres, les Elfes étaient de manière générale considérés comme les plus beaux des Enfants d’Ilúvatar, se distinguant des Hommes par une finesse subtile, la lueur des étoiles dans leur regard, des voix féériques, une taille plus grande (bien qu’ayant varié au fil du temps), une sveltesse et une grâce plus prononcées. Certains Hommes furent pourtant presque pris pour des Elfes, à l’instar de Tuor. Leur fëa et leur hröa étaient également plus résistantes que celles des Hommes, de même que leurs sens étaient plus développés. Ils ne connaissaient pas le sommeil mais rêvaient éveillés. Les Elfes étaient imberbes, sauf lorsqu’ils atteignaient le troisième cycle de leur existence, comme en témoignait la barbe de Círdan. Les différences de sexe n’entraînaient en elles-mêmes pas de différences au niveau de leurs capacités, si ce n’est des différences coutumières; ainsi, les Elfes de sexe masculin s’occupaient des choses de la guerre, alors que les Elfes de sexe féminin se spécialisaient dans l’art de guérir. Malgré toutes ces différences physiques, les Elfes étaient néanmoins biologiquement très proches des Hommes, comme en témoignait l’existence des Semi-Elfes.

La grossesse chez les Elfes durait un an. Les Elfes ne procréaient généralement qu’en temps de paix, la présence du père et de la mère étant nécessaire au développement de l’embryon puis de l’enfant. L’évolution physique d’un enfant des Elfes était différente de celle d’un enfant des Hommes. Si dans leurs premières années, ils auraient pu être confondus, à partir de la troisième année, la croissance des Hommes était plus rapide. Ce n’étaient que dans leur cinquantième année que les Elfes rejoignaient les Hommes, devenant nubiles. Leur évolution intellectuelle était au contraire plus rapide que celle des enfants des Hommes.

Curieux de tout mais en particulier de la nature, dont ils étaient très proches, ils détenaient nombre de connaissances importantes et portèrent dès leur Éveil un fort intérêt au langage, principalement au moyen de la voix, mais également au moyen de gestes. Ils pouvaient communiquer par la pensée et avaient une mémoire phénoménale, ce qui leur fut cause de tristesse au vu des nombreux événements tragiques que connut leur histoire. Mais ces différentes qualités n’en faisaient pas pour autant des êtres exceptionnels et, sujets au Marrissement comme toute créature d’Arda, certains d’entre eux ne furent pas moins corruptibles que les membres des autres races d’Arda.

4. Destinée, mort et réincarnation

Le lien de leur fëar et de leur hröar à Arda faisait que les Elfes étaient immortels, en ce sens qu’ils étaient faits pour vivre aussi longtemps qu’Arda durerait. Mais les Elfes pouvaient toutefois mourir, par chagrin (abandon de la hröa par la fëa) ou s’ils étaient trop sévèrement blessés voire tués, par les armes ou en raison de conditions naturelles extrêmes.

Dans chacun de ces cas, les fëar des Elfes étaient convoquées par Mandos. Elles avaient alors le choix de répondre ou non à cet appel, celles l’ayant rejeté continuant d'errer de par le monde. Celles qui y répondaient favorablement se rendaient dans les Halls de Mandos, en Aman.

Après un temps variable fixé par Mandos, en fonction de la période nécessaire au redressement de chaque fëa, elles voyaient alors, si elles le désiraient, leur hröa reconstituée par les Valar et poursuivaient le cours de leur vie en Aman (sauf très rares exceptions, comme Glorfindel, autorisé à revenir en Terre du Milieu).

5. Langues

Les diverses divisions qui eurent lieu chez les Elfes au cours de leur histoire entraînèrent à leur tour des divisions linguistiques, que l’on peut schématiser selon le tableau suivant en terme d’évolution interne (les langues inventées par Tolkien ont également subi une évolution externe, dont le but de la présente synthèse n’est pas de rendre compte). D’éminents Lambengolmor pourront toutefois estimer qu’il manque de précision, ce dont l’auteur est conscient.

Le quendien était ainsi la langue que les Elfes commencèrent à développer dès leur Éveil, aux abords de Cuiviénen, et qui s’enrichit par la suite au contact du valarin, la langue des Valar. Le Grand Voyage provoqua la première scission, avec l’eldarin des Eldar et l’avarin des Avari (celui-ci produisant par la suite plusieurs variantes dialectales, dont six sont rapportées). La séparation des Teleri des autres Eldar produisit une autre division, celle entre le quenya des deux premiers clans (ayant produit deux dialectes, le vanyarin et le noldorin, après le départ des Vanyar de Tirion; le noldorin connut ensuite une nouvelle division, due à l’Exil des Noldor) et le telerin du troisième. Ce telerin connut également ses divisions, avec le nandorin des Nandor (qui se subdivisa ensuite en ossiriandique des Laiquendi et en danien des autres Nandor), le sindarin des Sindar (la langue elfe commune en Terre du Milieu) et le telerin d’Aman. Enfin, le sindarin connut à son tour des variantes dialectales parmi les Mithrim, les Falathrim et les Iathrim.

6. Histoire

Sous les années des Arbres, les Elfes d’Aman connurent une existence paisible qui s’acheva néanmoins lorsque Melkor et Ungoliant causèrent la mort des Deux Arbres en 1495. Le vol des Silmarils de Fëanor par Melkor la même année provoqua l’Exil des Noldor, qui perpétrèrent le Massacre d’Alqualondë et s’en retournèrent en Terre du Milieu faire la guerre à Morgoth. En 1497, Melkor, de retour en Terre du Milieu, mit fin à la quiétude des Sindar et des Laiquendi, secourus à temps par les Noldor exilés.

Au cours du Premier Âge, ceux-ci entraînèrent les Sindar dans les Guerres du Beleriand et furent fort proches de la défaite lorsqu’ils furent secourus par les armées d’Aman menées par Eönwë, qui défirent Morgoth lors de la Guerre de la Grande Colère. À l’issue de cet affrontement, le Beleriand sombra sous les flots et de nombreux Noldor et Sindar rejoignirent Aman.

Ceux qui choisirent de rester se mêlèrent parfois aux Nandor d’Eriador et de la vallée de l’Anduin au cours du Second Âge. Les principaux royaumes des Elfes en Terre du Milieu étaient alors le Lindon de Gil-galad et de Círdan, Vertbois-le-Grand d’Oropher, la Lothlórien d’Amdír puis d’Amroth, et l’Eregion de Galadriel et de Celeborn. Néanmoins, le retour de Sauron sous la forme d’Annatar vint bouleverser la donne. Dès 1200, en effet, celui-ci tenta de séduire les Elfes de par ses dons. Si Galadriel et Gil-galad ne se laissèrent pas prendre au piège, il n’en fut pas de même de Celebrimbor et du Gwaith-i-Mírdain. Sous l'instruction de Sauron, ces derniers se lancèrent, dès 1500, dans la création des Anneaux de pouvoir. Mais vers 1600, Sauron forgea en Orodruin l’Anneau Unique, chargé de contrôler les autres Anneaux de pouvoir. S’ensuivit la guerre entre Sauron et les Elfes, et la destruction de l’Eregion. Les Elfes réussirent néanmoins à terme, avec l’aide des Númenóréens, à contenir Sauron; ils connurent même la paix lorsque ce dernier fut emmené en Númenor, en 3262. La Chute de Númenor, en 3319, vit pourtant le retour de Sauron en Terre du Milieu ainsi que l’établissement de l’Arnor et du Gondor. En 3430 fut fondée la Dernière Alliance des Elfes et des Hommes, qui finit par venir à bout de Sauron, provisoirement, en 3441. Ces temps troublés virent de nombreux Elfes rejoindre Aman.

Au début du Troisième Âge, les Elfes subsistaient en Lindon, dirigé par Círdan, en Imladris, sous la protection d’Elrond, en Vertbois-le-Grand, dont Thranduil était le roi, et en Lothlórien sous le règne d'Amroth, plus tard remise entre les mains de Galadriel et de Celeborn. Ils connurent une relative prospérité, mais les deux dernières entités eurent à souffrir de l’installation de Sauron, de retour, à Dol Guldur, devenu menaçant dès 2060. De plus en plus d’Elfes continuèrent à partir pour Aman, mais ceux qui restèrent continuèrent en général à s’impliquer dans les affaires de la Terre du Milieu, via le Conseil Blanc notamment. Durant la Guerre de l’Anneau, en 3020, le royaume de Thranduil et la Lothlórien eurent à subir les assauts des forces de Sauron mais finirent par les repousser; Dol Guldur fut d’ailleurs pris en cette occasion. Mais après cette guerre, en 3021, d’importants Elfes, Galadriel, Círdan et Elrond (l’un des Semi-Elfes) embarquèrent pour Aman, probablement bientôt rejoints par Celeborn. La présence des Elfes en Terre du Milieu touchait ainsi à sa fin.

Le Quatrième Âge, malgré le renouveau de Vertbois-le-Grand et l’établissement d’une colonie en Ithilien par Legolas, fut celui du crépuscule des Elfes en Terre du Milieu. Les Elfes restants qui ne rejoignirent pas Aman étaient en effet destinés à progressivement disparaître, du fait de l’action de leur fëa sur leur hröa.

7. Arbre généalogique

Une grande partie des Elfes célèbres partagent de nombreux liens familiaux. Ces liens rassemblés donnent cet arbre généalogique .

8. Relations avec les autres Incarnés

Les relations des Elfes avec les autres races de la Terre du Milieu furent très variées.

Les Elfes entrèrent en contact avec les Nains dès 1250 de l’Âge des Arbres. Leurs relations furent au début relativement bonnes (malgré la chasse à laquelle les Elfes se livrèrent envers les Petits-Nains dans un premier temps, ne reconnaissant pas en eux des Incarnés mais des animaux sauvages nuisibles), les Nains participant de manière significative à la construction de Menegroth dès 1300, ainsi qu’à celle de Nargothrond dès l’an 52 du Premier Âge. Néanmoins, le meurtre de Thingol et le sac de Menegroth par les Nains de Nogrod en 502 brouillèrent définitivement les Sindar et les Nains. Le réveil par ces derniers du Balrog de la Moria, en 1981 du Troisième Âge, n’arrangea par ailleurs pas les choses. Ces relations n’empêchèrent cependant pas les Noldor d'entretenir de bons liens avec les Nains, comme le montrèrent les liens de Caranthir avec les Nains de Belegost et de Nogrod et la bonne entente entre Eregion et la Moria des Nains du Peuple de Durin.

Si les Avari rentrèrent assez tôt en contact avec les Hommes, influençant leurs langues et leurs connaissances, ces derniers n’entrèrent réellement dans l’histoire des Elfes qu’à leur arrivée en Beleriand, au début du troisième siècle du Premier Âge. Si certains d’entre eux, les Edain, se battirent longtemps aux côtés des Elfes et en furent récompensés par leur établissement en Númenor, d’autres rejoignirent les forces de Morgoth, comme les Orientaux. Le Deuxième Âge, avec la division en Númenor entre Fidèles et partisans de Sauron, et le Troisième Âge, avec le Gondor et l’Arnor aux côtés des Elfes, connurent les mêmes divisions.

Les relations entre les Orcs et les Elfes furent dès le début antagonistes, les Orcs étant acquis à Morgoth. Certains des Eldar pensaient même, peu vraisemblablement, que les Orcs étaient issus de Quendi capturés, torturés et corrompus par Morgoth. Les Orcs craignaient et détestaient les Elfes, n’hésitant jamais à les massacrer. Ces derniers, en revanche, se devaient de les épargner s’ils se rendaient, ce qui arriva très rarement.

Les relations entre les Elfes et les Ents ne sont guère connues, malgré la présence de ces derniers en Beleriand au Premier Âge. Néanmoins, leur amour commun de la nature devait les rapprocher. Ceci fut illustré par la participation d’Ents à la Bataille de Sarn Athrad, vers 504 du Premier Âge, aux côtés de Beren et de Dior. Sylvebarbe semblait également bien s’entendre avec Galadriel et Celeborn.

9. Coutumes

Certaines coutumes des Elfes sont parvenues jusqu’à notre époque.

Les Elfes, ou en tout cas les Eldar, portaient plusieurs noms. Leur premier nom était le nom donné par leur père, l’essë. Venaient s’adjoindre à ce nom celui qu’un Elfe se donnait lui-même, ainsi que celui donné par d’autres personnes, l’anessë, dont celui attribué par sa mère (qu’il fût dû à une prémonition - amilessë tercenyë – ou à un don de prescience – amilessë apacenyë), voir un diminutif.

Le mariage chez les Elfes, relevant de l’union de deux fëar, était censé durer toute leur vie – immortelle. La seule exception connue, mais néanmoins notable, fut celle de Finwë qui, après la mort de Míriel, fut autorisé à prendre une seconde épouse, Indis. À la suite de ce premier cas, la mort fut reconnue comme élément de dissolution du mariage. Les fiançailles se formalisaient par l’échange d’anneaux d’argent. Après un an au moins, le mariage était célébré par les parents des promis, invoquant Varda, Manwë et Eru, et se caractérisait par la remise de ces anneaux d’argent et l’échange d’anneaux d’or. Chez les Noldor, il était également de coutume que les parents offrissent des présents à leur nouveau gendre ou à leur nouvelle bru.

10. Devenir des Elfes

Destinés à perdurer aussi longtemps qu’Arda, les Elfes ne connaissaient pas leur avenir au-delà de la fin des temps. Leur réponse à cette incertitude fut de placer tout leur estel en Ilúvatar, en espérant prendre part à Arda Envinyanta.

_____________________