IV. Des Ents et des Aigles
Aller directement à une autre traduction :
Traduit par Dior

Ce court texte appartient à la période tardive, ou la dernière, du travail de mon père, et doit être daté au plus tôt de 1958-9, mais peut aussi être plus tardif que cela. Le brouillon originel subsiste, un manuscrit sur les deux faces d'une seule feuille, écrit à grande allure avec très peu de corrections dans une écriture qui est à peine lisible. Il est intitulé Anaxartamel .

Il fut suivi d'un texte réalisé sur la dernière machine à écrire de mon père (voir X.300) qui étendit le premier brouillon, mais duquel presque rien d'une certaine importance ne fut exclu. Il ne porte pas de titre. Dans le Silmarillion publié, il fut utilisé pour former la seconde partie du Chapitre 2 Aulë et Yavanna , pp. 44-6, débutant par les mots "Quand Aulë travaillait à créer les Nains ..." Il s'agissait bien sûr d'une combinaison purement éditoriale.

Le texte publié suivit le tapuscrit sans beaucoup s'en écarter, excepté pour la question des formes "thou" et "you" [NdTR : soit "tu" et "vous", pluriel de politesse] , à propos de laquelle mon père était initialement incertain, comme il l'était également dans le texte concernant Aulë et les Nains, qui forme la première partie du chapitre dans le Silmarillion publié (voir p. 210). Dans le brouillon manuscrit, il utilisa "you" tout du long; dans le tapuscrit, il utilisa à la fois "you" et "thy, hast" dans les paragraphes d'ouverture, mais ensuite "you, your" exclusivement, corrigeant subséquemment les incohérences. Comme dans la première partie du chapitre, les formes "thou, thee, thy" furent adoptées dans l'œuvre publiée.

Il existe deux tapuscrits de secrétaire, indépendants l'un de l'autre, réalisés à partir du tapuscrit après que toutes les corrections avaient été effectuées. Ils n'ont guère de valeur textuelle, excepté que sur l'un d'eux, mon père écrivit au crayon le titre Des Ents et des Aigles , et sur l'autre le titre Anaxartaron Onyalië .

NOTES

Dans ces notes, qui se confinent largement aux différences de lecture, le brouillon originel est appelé A, le tapuscrit B, et le texte publié S.

Lorsque Yavanna alla trouver Manwë (p. 45), "[elle ne trahit pas] le secret d'Aulë" : la signification de ceci est que Yavanna ne révéla rien à Manwë au sujet de la création des Nains; dans la première partie du chapitre (p. 43) "de crainte que les autres Valar ne blâmassent son œuvre, il travailla en secret", et l'intervention d'Ilúvatar (qui "apprit ce qui avait été fait") s'adressait directement à Aulë. Le mot betray [NdTr : "trahir"] dans S est une modification éditoriale de bewray [NdTr : mot archaïque de même sens] dans A et B.

"Mais les kelvar peuvent s'enfuir ou se défendre, alors que les olvar qui poussent dans la terre en sont incapables" (p. 45) : dans B se trouve une note marginale à côté de kelvar , "animaux, toutes choses vivantes qui se meuvent", qui fut omise dans S. Dans A, ces mots n'étaient pas employés, mais un espace blanc fut laissé là où kelvar figure dans B. Suivant immédiatement ceci, A a : "ils grandissent si lentement, ils tombent si vite, et ceux qui ne paient pas leur tribut en portant des fruits ne sont pas regrettés longtemps, comme je l'ai vu même parmi les Valar"; dans B, la dernière phrase devint "comme je l'ai vu parmi les Maiar en Terre du Milieu", mais ce fut immédiatement rejeté. Le texte final du passage est comme dans S.

Dans les mots suivants de Yavanna, commençant par "j'élevais les branches des grands arbres ...", B a "et quelques-uns, sous les averses et les bourrasques et le scintillement du Soleil, chantaient pour Eru"; les derniers mots furent omis dans S à cause de l'implication selon laquelle le Soleil existait dès le commencement d'Arda.

Dans le passage décrivant l'expérience de Manwë du renouvellement de la Vision des Ainur (p. 46; complètement absent dans A), le texte de B, tel que dactylographié, se lit : "non pas plus lointaine car désormais il était en son sein et il voyait qu'elle était tout entière retenue par la main d'Eru et qu'elle aussi était à l'intérieur", subséquemment changé dans le passage de S (dans lequel Eru > Ilúvatar ).

Dans les paroles d'Eru rapportées par Manwë à Yavanna sur Ezellohar, la phrase "Cela pour un temps : tant que les Premiers-nés garderont leur pouvoir et que ceux qui les suivront resteront jeunes" fut mise entre crochets pour exclusion dans B, mais fut conservée dans S.

Dans le dernier discours de Manwë, "Les Aigles vivront dans les montagnes, où ils entendront les voix de ceux qui nous invoquent" était d'abord écrit dans B : "... entendront les voix de ceux qui m'invoquent, et de ceux qui me contredisent".

À la fin d'un brouillon de lettre daté de septembre 1963, dont un passage est cité en p. 353, mon père ajouta dans une note très grossière (donnée dans Lettres p. 335) :

Personne ne savait d'où ils (les Ents) venaient, ni où ils sont apparus. Les Hauts-Elfes disaient que les Valar ne les avaient pas mentionnés dans la "Musique". Mais à en croire certains (Galadriel), lorsque Yavanna avait découvert qu'Eru avait pardonné à Aulë au sujet des Nains, elle avait imploré Eru (par l'intermédiaire de Manwë), lui demandant de donner vie à des choses faites de matière vivante, non de pierre; et que les Ents étaient des âmes soit placées dans les arbres pour y demeurer, soit qui avaient lentement pris l'apparence d'arbres en raison de leur amour inné pour eux.

Pour les mots " les Ents étaient des âmes soit placées dans les arbres pour y demeurer ", cf. les mots d'Eru dans le texte (p. 46) : "Quand les Enfants naîtront, alors l'esprit de Yavanna s'éveillera aussi, elle invoquera des puissances lointaines qui viendront se mêler aux kelvar et aux olvar , et certains y resteront ..." Il semble assez probable que la note sur le brouillon de lettre et l'inscription de Anaxartaron Onyalië appartiennent à peu près à la même période.

__________