XVI. La Nouvelle Ombre
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Traduit par Dior

Cette histoire, ou fragment d'histoire, est à présent publiée pour la première fois, bien que son existence soit connue depuis longtemps.1 L'histoire textuelle n'est guère compliquée, mais il y a un nombre surprenant de textes.
Il y a, tout d'abord, une série de matériaux manuscrits, commençant avec les deux faces d'une page contenant l'ouverture originelle du récit : ceci ne va pas plus loin que les souvenirs du jeune homme (ici appelé Egalmoth)2 de la réprimande et de la leçon qu'il reçut de Borlas3 lorsqu'il l'attrapa, gamin, en train de voler des pommes de son verger. Il y a ensuite un texte, que j'appellerai 'A', rédigé en une écriture rapide mais claire, et qui s'étend aussi loin que le récit soit jamais allé (ici aussi, le nom du jeune homme est Egalmoth). Ceci fut suivi d'un tapuscrit en copie principale et carbone 'B', qui suit A assez étroitement et se termine au même endroit : il y a un grand nombre de petits changements en expression, mais rien qui n'altère la narration, même d'une façon mineure (le jeune homme, cependant, porte à présent le nom Arthael). Il y a aussi un tapuscrit de secrétaire dérivé de B, sans valeur indépendante.4
Enfin, il y a un autre tapuscrit, 'C', également avec copie carbone, qui s'étend uniquement jusqu'au point de l'histoire où le jeune homme - ici nommé Saelon5 - laisse Borlas dans son jardin "cherchant mentalement à découvrir comment cette conversation étrange et alarmante avait commencé" (p. 416). Ce texte C traite grandement B comme B traite A : modifiant l'expression (assez radicalement par endroits), mais n'altérant en rien le récit, ou ne lui incorporant pas de nouveaux éléments.
Il paraît étrange que mon père ait dû réaliser pas moins de trois versions, chacune montrant une attention très soutenue à l'amélioration du texte dans les détails, alors que le récit n'avait avancé que sur une si courte distance. L'indice des machines à écrire utilisées suggère cependant que C fut réalisé substantiellement plus tard. La machine sur laquelle B fut tapé était celle qu'il utilisait dans les années cinquante, avant l'acquisition de celle mentionnée en X.300, tandis que l'écriture italique en A peut assez probablement être attribuée à cette période; mais la machine à écrire utilisée pour C était sa dernière.6
Dans sa Biographie (p. 228), Humphrey Carpenter affirme que, en 1965, mon père "découvrit le manuscrit de The New Shadow, une suite à The Lord of the Rings qu’il avait commencée longtemps auparavant puis abandonnée au bout de quelques pages. ... Il resta jusqu’à quatre heures du matin à la relire et à y réfléchir." Je ne connais pas la source de cette affirmation; mais un indice supplémentaire est fourni par une enveloppe utilisée, oblitérée du 8 janvier 1968, sur le dos de laquelle mon père griffonna un passage au sujet de Borlas, développant plus avant le récit des circonstances à l'époque de l'ouverture de l'histoire (voir note 14). Il s'agit d'une preuve certaine qu'il était toujours préoccupé par La Nouvelle Ombre aussi tard que 1968; et étant donné que le passage ébauché ici continuerait à partir du point atteint dans le tapuscrit C (voir note 14), il semble très  probable que C date de cette période.
Telle qu'est la preuve, alors, l'œuvre originelle (représentée par le manuscrit A et le tapuscrit B) provient des années cinquante. Dans une lettre du 13 mai 1964 (Lettres n° 256), il écrivait :

J’ai effectivement commencé une histoire située environ 100 ans après la Chute [du Mordor], mais elle s’est révélée à la fois sinistre et déprimante. Puisque nous nous occupons des Hommes, il est inévitable que nous soyons concernés par le plus regrettable trait de leur nature : leur rapide satiété à l’égard du Bien. Si bien que le peuple du Gondor, en temps de paix, de justice et de prospérité, allait devenir mécontent et s’agiter – tandis que les monarques dynastiques descendant d’Aragorn deviendraient de simples rois et gouverneurs – comme Denethor, ou pire. J’ai découvert que même si vite après cela, il s’est produit une résurgence de complots révolutionnaires autour du centre d’une religion satanique secrète; et alors que les gars du Gondor jouaient aux Orcs et ravageaient les alentours. J’aurais pu écrire un "thriller" autour de ce complot, de sa découverte et de son anéantissement – mais ce ne serait que cela. Ça ne vaut pas la peine de le faire.

De la preuve donnée ci-dessus, cependant, on voit que son intérêt pour le récit fut subséquemment réveillé, et jusqu'à réaliser une nouvelle (bien qu'incomplète) version de ce qu'il avait écrit des années auparavant. Mais en 1972, quinze mois avant sa mort, il écrivit à son ami Douglas Carter (Lettres n° 338) :

Je n’ai rien écrit au-delà des premières années du Quatrième Âge. (Sauf le début d’un récit censé évoquer la fin du règne d’Eldarion, à peu près 100 ans après la mort d’Aragorn. Puis je me suis aperçu que la Paix du Roi ne comprendrait évidemment aucun récit méritant d’être raconté; et ses guerres n’auraient que peu d’intérêt après la défaite de Sauron; mais qu’une certaine agitation apparaîtrait alors presque à coup sûr, en raison de l’inévitable ennui qui (apparemment) s’empare des Hommes à l’égard du Bien : il y aurait des sociétés secrètes pratiquant de sombres cultes, et des "cultes orcs" parmi les adolescents.)
Pour former le texte qui suit à présent, j'imprime C aussi loin qu'il va, avec le sinistre jeune homme recevant le nom Saelon; et à partir de ce point, je donne le texte de B, changeant le nom Arthael en B en Saelon.

La Nouvelle Ombre

Ce récit commence sous le règne d'Eldarion, fils de cet Elessar au sujet duquel les histoires ont tant à raconter. Cent et cinq années étaient passées depuis la chute de la Tour noire7, et l'histoire de cette période n'avait que peu d'intérêt pour les gens du Gondor, bien que quelques uns vivaient encore qui pouvaient se souvenir de la Guerre de l'Anneau comme d'une ombre sur leur prime enfance. Borlas de Pen-arduin était l'un d'entre eux. Il était le fils cadet de Beregond, le premier capitaine de la Garde du Prince Faramir, qui avait quitté la Ville avec son seigneur pour les Emyn Arnen.8
"Profondes en effet sont les racines du Mal," dit Borlas, "et forte en elles est la sève noire. Cet arbre ne périra jamais. Laissons les Hommes l'abattre aussi souvent que possible, et il produira à nouveau des rejetons dès qu'ils auront tourné le dos. Même à la Fête de la Chute la hache ne devrait pas être accrochée au mur !"
"Vous êtes convaincu que vous prononcez de sages mots," dit Saelon. "Je le devine par la tristesse de votre voix, et par le hochement de votre tête. Mais de quoi parlez-vous ? Votre vie paraît toujours assez agréable, pour un homme âgé qui ne voyage plus au loin à présent. Où avez-vous trouvé un rejeton grandissant de votre arbre noir ? Dans votre propre jardin ?"
Borlas releva les yeux, et comme il fixait attentivement Saelon, se demanda soudainement si ce jeune homme, habituellement gai et souvent à moitié moqueur, avait plus en tête que ce qui apparaissait sur son visage. Borlas n'avait pas eu l'intention de lui ouvrir son cœur, mais étant préoccupé en pensée, il avait parlé tout haut, plus pour lui-même que pour son compagnon. Saelon ne lui rendit pas son regard. Il fredonnait doucement, pendant qu'il taillait un pipeau de saule vert avec un petit couteau aiguisé.
Tous deux étaient assis dans une charmille près de la rive orientale escarpée de l'Anduin, où il coulait au pied des collines de l'Arnen. Ils étaient en effet dans le jardin de Borlas, et sa petite maison de pierre grise pouvait être aperçue entre les arbres les surplombant sur le flanc de la colline faisant face à l'ouest. Borlas regarda le fleuve, et les arbres dans leur parure de juin, et puis au loin vers les tours de la Ville dans le rougeoiement de la fin d'après-midi. "Non, pas dans mon jardin," dit-il pensivement.
"Alors pourquoi êtes-vous si troublé ?" demanda Saelon. "Si un homme a un beau jardin avec de forts murs, alors il a autant que ce que tout homme peut régenter pour son propre plaisir." Il fit une pause. "Aussi longtemps qu'il garde la force de la vie en lui," ajouta-t-il. "Quand cela faiblit, pourquoi se soucier de moindre problème ? Car alors il devra bientôt enfin quitter son jardin, et d'autres devront s'occuper des mauvaises herbes."
Borlas soupira, mais ne répondit pas, et Saelon continua : "Mais il y en aura qui ne s'en satisferont pas, et à la fin de leur vie, ils troublent leur cœur au sujet de leurs voisins, de la Ville, du Royaume, et du vaste monde. Vous êtes l'un d'entre eux, Maître Borlas, et avez toujours été ainsi, depuis que je vous ai connu, petit garçon que vous attrapâtes dans votre verger. Même alors, vous ne vous êtes pas satisfait de ce problème seul, en me dissuadant par une raclée, ou en renforçant vos barrières. Non. Vous étiez peiné, et vouliez m'améliorer. Vous m'emmenâtes dans votre maison et me parlâtes.
"Je m'en souviens bien. 'Du travail d'Orcs,' vous répétâtes plusieurs fois. 'Voler de bons fruits, bon, je suppose que ce n'est rien de pire que des choses de garçons, s'ils ont faim, ou que leur père est trop souple. Mais prendre des pommes non mûres pour détruire ou pour jeter ! Ça c'est du travail d'Orcs. Comment en es-tu arrivé à faire cela, mon garçon ?'
"Du travail d'Orcs ! J'étais furieux, Maître Borlas, et trop fier pour répondre, bien que je pensais répondre avec mes mots d'enfant : 'S'il est mal qu'un enfant vole une pomme pour la manger, alors il est mal d'en voler une pour jouer. Mais ce n'est pas pire. Ne me parlez pas de travail d'Orcs, ou je pourrais vous en montrer !'
"C'était une erreur, Maître Borlas. Car j'avais entendu des contes au sujet des Orcs et de leurs actes, mais je n'avais guère été intéressé jusqu'alors. Vous avez tourné mon esprit vers cela. Je grandis avec des vols insignifiants (mon père n'était pas trop souple), mais je n'oubliai pas les Orcs. Je commençai à ressentir de la haine et à penser à la douceur de la revanche. Nous jouions aux Orcs, moi et mes amis, et parfois je pensais : 'Et si je rassemblais ma bande et allais couper ses arbres ? Alors il pensera que les Orcs sont vraiment de retour.' Mais c'était il y a longtemps," termina Saelon en souriant.
Borlas était perplexe. Il recevait maintenant des confidences, ne les faisait plus. Et il y avait quelque chose d'inquiétant dans le ton du jeune homme, qui le faisait s'interroger sur la possibilité que, profondément, aussi profondément que les racines de l'arbre noir, le ressentiment enfantin puisse encore subsister. Oui, même dans le cœur de Saelon, l'ami de son propre fils, et le jeune homme qui lui avait montré ces dernières années pas mal d'affection dans sa solitude.9 En tout cas, il résolut de ne plus rien lui dire de ses propres pensées.
"Hélas !" dit-il, "nous faisons tous des erreurs. Je ne prétends pas détenir la sagesse, jeune homme, sauf peut-être le peu que l'un peut glaner au fil des ans. Duquel je connais bien assez la triste vérité selon laquelle ceux qui veulent bien faire peuvent faire plus de mal que ceux qui laissent aller les choses. Je suis désolé alors de ce que j'ai dit, si cela a éveillé la haine dans ton cœur. Bien que je pense toujours que c'était juste : déplacé peut-être, mais pourtant vrai. Certainement même un enfant doit comprendre qu'un fruit est un fruit, et n'atteint pas sa maturité avant d'être mûr; de telle sorte que l'utiliser quand il n'est pas mûr, c'est pire que de voler l'homme qui l'a cultivé : c'est voler le monde, empêcher une bonne chose de s'accomplir. Ceux qui agissent ainsi joignent leurs forces à tout ce qui est mauvais, aux cloques, aux chancres et aux vents néfastes. Et là était la manière des Orcs."
"Et là est celle des Hommes aussi," dit Saelon. "Non ! je ne vise pas seulement les hommes sauvages, ou ceux qui croissent 'sous l'Ombre', comme ils disent. Je vise tous les Hommes. Je ne ferais pas mauvais usage de fruits verts à présent, mais seulement parce que je ne fais plus usage de pommes non mûres, et à cause de vos nobles raisons, Maître Borlas. En effet, je pense que vos raisons sont aussi douteuses qu'une pomme qui aurait trop longtemps été mise à conserver. Pour les arbres, tous les Hommes sont des Orcs. Les Hommes considèrent-ils l'accomplissement de la vie d'un arbre avant qu'ils ne le coupent ? Quelle qu'en soit la raison : pour labourer son sol, utiliser sa chair comme bois de construction ou comme combustible, ou plus simplement pour dégager la vue ? Si les arbres étaient juges, placeraient-ils les Hommes au-dessus des Orcs, ou en effet au-dessus des chancres ou des cloques ? Les Hommes auraient-ils plus de droit, pourrait-ils demander, de se nourrir sur leur jus que les cloques ?"
"Un homme," dit Borlas, "qui cultive un arbre et le protège des cloques et de bien d'autres ennemis n'agit pas comme un Orc ou comme un chancre. S'il mange ses fruits, il ne le blesse pas. Il produit plus de fruits que nécessaire à ses propres besoins : la continuité de son espèce."
"Laissons-le manger le fruit alors, ou jouer avec," dit Saelon. "Mais je parle d'abattre : couper et brûler; et de quel droit les hommes font cela aux arbres."
"Non. Tu parlais du jugement des arbres à ce sujet. Mais les arbres ne sont pas juges. Les Enfants de l'Unique sont les maîtres. Mon jugement, en tant que l'un d'entre eux, tu le connais déjà. Les maux du monde n'étaient à l'origine pas dans le grand Thème, mais apparurent avec les discordances de Melkor. Les Hommes ne vinrent pas avec ces discordances; ils apparurent par après, comme une nouvelle chose directement d'Eru, l'Unique, et c'est pourquoi ils sont appelés Ses enfants, et tout ce qui était dans le Thème, ils ont, pour leur propre bien, le droit de l'utiliser - de manière juste, sans fierté ni gratuité, mais avec révérence.10
"Si le plus petit enfant d'un forestier ressent le froid de l'hiver, un tort n'est pas fait à l'arbre le plus fier s'il est obligé d'offrir sa chair pour réchauffer l'enfant par le feu. Mais l'enfant ne doit pas marrir l'arbre par jeu ou dépit, déchirer son écorce ou casser ses branches. Et le bon père de famille utilisera d'abord, s'il le peut, du bois mort, ou un vieil arbre; il ne coupera pas un jeune arbre et ne le laissera pas pourrir pour la seule raison que son plaisir en jeux de hache. Ça, c'est typique des Orcs.
"Mais il en est comme je l'ai dit : les racines du Mal gisent profondément, et de loin vient le poison qui œuvre en nous, de telle sorte que beaucoup font ces choses - de temps en temps, et deviennent ainsi en effet comme les serviteurs de Melkor. Mais les Orcs faisaient ces choses tout le temps; ils blessaient par plaisir toutes les choses qui pouvaient souffrir, et ils n'étaient retenus que par le manque de pouvoir, mais pas par la prudence ou la pitié. Mais nous avons assez parlé de ceci."
"Pourquoi !" dit Saelon. "Nous avons à peine commencé. Ce n'était pas à votre verger, ni à vos pommes ni à moi que vous pensiez quand vous avez parlé de la réapparition de l'arbre noir. Ce à quoi vous pensiez, Maître Borlas, je peux toute fois le deviner. J'ai des yeux et des oreilles, et d'autres sens, Maître." Sa voix baissa et pouvait à peine être entendue par-dessus le murmure d'un soudain vent frais dans les feuilles, comme le soleil se couchait derrière Mindolluin. "Avez-vous donc entendu le nom ?" Avec à peine plus d'une respiration, il le forma. "Herumor ?"11
Borlas le regarda avec étonnement et crainte. Sa bouche tremblotait en paroles, mais aucun son n'en sortait.
"Je vois que vous l'avez entendu," dit Saelon. "Et vous semblez étonné d'apprendre que moi aussi. Mais vous n'êtes pas plus étonné que je ne l'étais de voir que ce nom vous avait atteint. Car, comme je le dis, j'ai de bons yeux et de bonnes oreilles, mais les vôtres sont diminués même pour un usage journalier, et cette affaire a été gardée aussi secrète que l'astuce le pouvait."
"L'astuce de qui ?" dit Borlas, soudainement et violemment. La vue de ses yeux avait peut-être diminué, mais ils brûlaient maintenant de colère.
"De ceux qui ont entendu l'appel du nom, évidemment," répondit imperturbablement Saelon. "Ils ne sont pas encore nombreux, à opposer au peuple du Gondor, mais leur nombre augmente. Tous ne sont pas satisfaits depuis la mort du Grand Roi, et peu ont peur."
"Ainsi, j'avais deviné," dit Borlas, "et c'est cette pensée qui refroidit la chaleur de l'été dans mon cœur. Car un homme peut avoir un jardin ceint de forts murs, Saelon, et pourtant ne pas y trouver la paix et la satisfaction. Il est des ennemis que de tels murs n'arrêteront pas; car son jardin n'est qu'une partie d'un royaume gardé, après tout. C'est vers les murs du royaume qu'il doit regarder pour sa vraie défense. Mais quel est cet appel ? Que feraient-ils ?" cria-t-il, posant sa main sur le genou du jeune homme.
"Je vais vous poser une question avant de répondre aux vôtres," dit Saelon, en regardant le vieillard d'un air inquisiteur. "Comment avez-vous, vous qui êtes assis ici dans les Emyn Arnen et qui allez rarement même à la Ville à présent - comment avez-vous entendu les murmures de ce nom ?"
Borlas baissa les yeux au sol et serra ses mains entre ses genoux. Pendant un certain temps, il ne répondit pas. Finalement, il releva les yeux; son visage s'était endurci, et son regard était plus prudent. "Je ne répondrai pas à cette question, Saelon," dit-il. "Pas avant de t'en avoir posé une autre. Dis-moi d'abord," dit-il doucement, "es-tu un de ceux qui ont écouté cet appel ?"
Un sourire étrange anima la bouche du jeune homme. "L'attaque est la meilleure défense," répondit-il, "ou en tout cas, c'est là ce que les capitaines nous enseignent; mais quand les deux parties appliquent ce conseil, il y a comme un choc de bataille. De même vais-je vous contrer. Je ne vous répondrai pas, Maître Borlas, avant que vous me répondiez : êtes-vous l'un de ceux qui ont entendu, ou non ?"
"Comment peux-tu le penser ?" cria Borlas.
"Et comment vous, vous pouvez le penser ?" demanda Saelon.
"En ce qui me concerne," dit Borlas, "toutes mes paroles ne t'apportent-elles pas la réponse ?"
"Alors qu'en ce qui me concerne, diriez-vous," dit Saelon, "mes paroles me rendraient douteux ? Parce que j'ai pris la défense d'un petit garçon qui jetait des pommes non mûres sur ses compagnons de jeu et qui était traité d'Orc ? Ou parce que j'ai parlé de la souffrance des arbres des mains des hommes ? Maître Borlas, il n'est pas sage de juger le cœur d'un homme sur des paroles prononcées dans le cadre d'une argumentation qui ne s'accorde pas à vos opinions. Peut-être ont-elles été prononcées pour vous perturber. De manière taquine peut-être, mais probablement mieux qu'un simple écho.12 Je ne doute pas que beaucoup parmi ceux dont nous parlions utiliseraient des paroles aussi solennelles que les vôtres, et parleraient avec révérence du grand Thème et de telles choses - en votre présence. Bon, qui répondra en premier ?"
"La courtoisie d'antan voudrait que ce soit le plus jeune," dit Borlas; "ou, comme il se fait entre hommes reconnus égaux, celui qui a demandé en premier. C'est toi dans les deux cas."
Saelon sourit. "Très bien," dit-il. "Voyons voir : la première question sans réponse que vous avez posée était : quel est cet appel, que feraient-ils ? Ne pouvez-vous point trouver de réponse dans le passé, avec votre âge et vos connaissances ? Je suis jeune et moins éduqué. Pourtant, si vous voulez vraiment savoir, peut-être puis-je vous rendre les murmures plus clairs."
Il se leva. Le soleil descendait derrière les montagnes; les ombres s'épaississaient. Le mur occidental de la maison de Borlas sur le flanc de la colline était jaune dans les dernières lueurs du soleil, mais le fleuve en contrebas était sombre. Il regarda le ciel, et à nouveau l'Anduin. "C'est encore une belle soirée," dit-il, "mais le vent a tourné à l'est. La lune sera voilée cette nuit."
"Bien, et alors ?" dit Borlas, frissonnant un peu comme l'air se rafraîchissait. "A moins que tu ne veuilles simplement conseiller à un vieillard de se dépêcher de rentrer et de protéger ses os du froid." Il se leva et se tourna vers le sentier menant à sa maison, pensant que le jeune homme ne voulait rien dire d'autre; mais Saelon s'arrêta devant lui et posa la main sur son bras.
"Je vous conseille plutôt de vous habiller chaudement après la tombée de la nuit," dit-il. "C'est-à-dire, si vous voulez en savoir plus; car, si c'est le cas, vous viendrez vous promener avec moi ce soir. Je vous rencontrerai à votre grille à l'ouest, derrière votre maison; ou en tout cas, j'y passerai aussitôt qu'il fera complètement noir, et vous viendrez ou non. Je serai vêtu de noir, tout comme quiconque voudra m'accompagner. Au revoir, donc, Maître Borlas ! Réfléchissez tant qu'il fait clair."
Sur ce, Saelon s'inclina et s'en alla, suivant un autre sentier longeant la rive escarpée, vers le nord et la maison de son père.13 Il disparut après un virage, alors que ces dernières paroles raisonnaient encore dans les oreilles de Borlas.
Un certain temps après que Saelon fut parti, Borlas était toujours là, les yeux fermés et le front appuyé sur la fraîche écorce d'un arbre le long du sentier. Ainsi, il cherchait mentalement à découvrir comment cette conversation étrange et alarmante avait commencé. Ce qu'il ferait à la tombée de la nuit, il n'y avait pas encore réfléchi.
Son esprit n'était guère en repos depuis le printemps, ce qui n'était pas le cas de son corps pour son âge, ce qui lui pesait moins que sa solitude.14 Depuis que son fils, Berelach,15 était parti en avril - il était dans la Marine, et vivait à présent la plupart du temps à Pelargir, là où était son devoir -, Saelon s'était montré attentif, à chaque fois qu'il était chez lui. Il voyageait beaucoup ces derniers temps. Borlas n'était pas sûr de sa profession, bien qu'il avait compris que, parmi d'autres intérêts, il s'occupait de bois de construction. Il apportait des nouvelles de tous les coins du royaume à son vieil ami. Ou au vieux père de son ami; car Berelach avait été son constant compagnon naguère, même s'ils semblaient rarement se voir à présent.
"Oui, c'est ça," se dit Borlas. "Je parlais à Saelon de Pelargir, en mentionnant Berelach. Il y a eu de l'agitation en Ethir : quelques marins ont disparu, ainsi qu'un petit navire de la Flotte. Pas plus, selon Berelach.
"'La paix amollit les choses,' disait-il, je me souviens, d'une voix de sous-officier. 'Bon, ils sont partis pour faire Dieu sait quoi, je suppose - rencontrer des amis dans l'un des ports de l'ouest, peut-être - sans autorisation et sans pilote, et ils se sont noyés. Cela leur revient bien. Nous n'avons que trop peu de vrais marins ces temps-ci. Le poisson rapporte plus. Mais en tout cas, tout le monde sais que les côtes occidentales ne sont pas sûres pour ceux qui n'ont pas les connaissances.'
"C'était tout. Mais j'en ai parlé à Saelon, et je lui ai demandé s'il en avait entendu parler dans le sud. 'Oui,' dit-il, 'en effet. Peu étaient satisfaits des vues officielles. Ces hommes n'étaient pas incompétents; ils étaient fils de pêcheurs. Et il n'y a pas eu de tempêtes en mer depuis longtemps.'"
Quand il entendit Saelon dire cela, soudainement, Borlas s'était souvenu d'autres rumeurs, les rumeurs dont Othrondir16 avait parlé. C'est lui qui avait utilisé le mot 'chancre'. Et alors, à moitié pour lui-même, Borlas avait parlé tout haut de l'Arbre noir.
Il rouvrit les yeux et caressa le tronc harmonieux de l'arbre sur lequel il s'était appuyé, regardant son sombre feuillage contrastant avec le ciel clair disparaissant. Une étoile luisait à travers les branches. Il se mit à parler doucement, comme si à l'arbre.
"Bon, que faire maintenant ? Il est clair que Saelon est impliqué. Mais est-ce clair ? Il y avait le son de la moquerie dans ses paroles, et du dédain de la vie bien ordonnée des Hommes. Il n'aurait pas répondu à une question directe. Et les vêtements noirs ! Et pourtant - pourquoi m'inviter à l'accompagner ? Pas pour convertir le vieux Borlas ! Inutile. Inutile d'essayer : personne n'espérerait gagner un homme qui se souvient du Mal de jadis, aussi éloigné soit-il. Inutile en cas de succès : le vieux Borlas ne peut plus être utile à qui que ce soit. Saelon essaie peut-être de jouer à l'espion, recherchant ce qui se cache derrière les murmures. Le noir peut être un déguisement, ou une aide pour se fondre dans la nuit. Mais à nouveau, comment pourrais-je aider pour une mission secrète ou dangereuse ? Je serais mieux hors du chemin."
À ces mots, une pensée froide atteint le cœur de Borlas. Hors du chemin - était-ce cela ? Il devait être entraîné quelque part, où il pourrait disparaître, comme les marins ? L'invitation à accompagner Saelon n'avait été donnée qu'après qu'il eut été poussé à révéler qu'il était au courant pour les murmures - et avait même entendu le nom. Et il avait déclaré son hostilité.
Cette pensée décida Borlas, et il sut qu'il était maintenant résolu à attendre vêtu de noir à sa grille dès la nuit tombée. Il était défié, et il accepterait. Il frappa l'arbre de sa paume. "Je ne suis pas encore un vieux gâteux, Neldor [Ndtr : "hêtre"]," dit-il; "mais la mort n'est plus si loin pour que je perde plusieurs bonnes années si je perds mon tour."
Il s'étira le dos et releva la tête, et remonta le sentier, doucement mais fermement. La pensée traversa son esprit alors même qu'il atteignait le seuil : "Peut-être ai-je été si longtemps préservé pour cette raison : qu'il survive encore quelqu'un, vigoureux d'esprit, et qui se souvienne de ce qu'il y avait avant la grande Paix. L'odeur a la mémoire longue. Je pense que je pourrais toujours sentir le Mal ancien, et le reconnaître pour ce qu'il est."
La porte sous le porche était ouverte; mais la maison au-delà était sombre. Il semblait n'y avoir aucun des sons coutumiers du soir, seulement un doux silence, un silence de mort. Il entra, s'interrogeant quelque peu. Il appela, mais il n'y eut pas de réponse. Il s'arrêta dans l'étroit corridor qui traversait la maison, et il lui sembla qu'il était enveloppé de ténèbres : pas la moindre lueur du crépuscule de l'extérieur ne subsistait. Soudainement, il le sentit, ou en tout cas, cela y ressemblait, bien que cela vint comme tel de l'intérieur vers ses sens : il sentait le Mal ancien et le reconnut pour ce qu'il était.

Ici finit, à la fois dans A et dans B, La Nouvelle Ombre, et l'on ne saura jamais ce que Borlas trouva dans sa maison sombre et silencieuse, ni quelle part jouait Saelon ni quelles étaient ses intentions. Il n'y aurait pas de contes qui vaillent la peine d'être racontés pendant les jours de la Paix du Roi, selon mon père; et il critiqua l'histoire qu'il avait commencée : "J'aurai pu écrire un 'thriller' autour de ce complot, de sa mise à jour et de son échec - mais ce serait seulement ça. Rien qui n'en vaille la peine." Cela aurait toutefois été un remarquable 'thriller', et l'on peut regretter son abandon. Mais il se pourrait qu'il y ait une autre raison à son abandon que celle-ci - ou peut-être plutôt qu'en la mentionnant, il exprimait une conviction plus profonde : que la structure générale de l'histoire, sous plusieurs formes, qu'il avait mise à jour, était arrivée à sa véritable fin avec la Chute de Sauron. Comme il l'écrivit (L'Anneau de Morgoth, p. 404) : "Sauron était cependant un problème dont les Hommes devraient finalement s'occuper : ils devraient combattre la première des nombreuses concentrations du Mal dans des points de pouvoir définis, tout comme il s'agissait aussi de la dernière de ces concentrations dans une forme « mythologique » personnifiée (mais non-humaine)."

  1. Elle a également été lue en public, par moi-même (Sheldonian Theater, Oxford, 18 août 1992). À cette époque, n'ayant pas étudié les documents avec le soin requis, j'avais l'impression que le texte B était le dernier, et ce fut celui-ci que je lus - le nom du jeune homme étant par conséquent Arthael.
  2. Dans le brouillon originel de l'ouverture du récit (précédant A), le nom fut d'abord écrit Almoth, mais immédiatement changé en Egalmoth. L'Egalmoth originel était le seigneur des gens de l'Arche céleste à Gondolin; il s'agissait aussi du nom du dix-huitième Intendant régnant du Gondor.
  3. Borlas était le nom du fils aîné de Bór l'Oriental, ultérieurement changé en Borlad (XI.240); il fut tué lors de la Bataille des Larmes innombrables, fidèle aux Eldar.
  4. Sa première page fut tapée sur la machine que mon père utilisa pour la première fois vers la fin de 1958 (X.300), et le reste sur la précédente (celle utilisée pour le texte B).
  5. Le nom Saelon apparaît dans les brouillons de l'Athrabeth Finrod ah Andreth en tant que nom de la sage Andreth des Edain, qui conversa avec Finrod; dans le texte final, il devint Saelind, traduit "Cœur sage" (X.305, 351-2).
  6. Il s'agit de la machine sur laquelle les très tardifs essais "historico-étymologiques" furent tapés, et que j'utilise aujourd'hui.
  7. Une intrigante question est soulevée par cette datation, au sujet de la période historique dans laquelle ce récit prend place. Dans le paragraphe d'ouverture, le brouillon original (précédant A) mentionne :
                 C'était sous le règne d'Eldarion, fils de cet Elessar au sujet duquel les histoires anciennes ont tant à raconter, que cette chose étrange apparut. Il y avait en effet moins de cent vingt ans que la Tour noire était tombée
            Le premier texte complet, le manuscrit A, indique : "Presque cent dix années étaient passées depuis la chute de la Tour noire", ce qui est répété en B. Mon père tapa la page d'ouverture du texte tardif C en deux formes assez similaires, et dans la première, il retint les passages de A et B, alors que dans la seconde (reproduite ici), il écrivit "Cent et cinq années". Dans la lettre de 1964 citée p. 410, il nota "environ cent ans après la chute", et dans celle de 1972 (ibid.) "environ cent ans après la mort d'Aragorn". Nous avons donc, en ordre chronologique d'apparition, les dates suivantes par rapport à la chute de la Tour noire :
                                    moins de 120 ans (ouverture originelle du récit);
                                    presque 110 ans (A et B) ;
                                    environ 100 ans (lettre de 1964);
                                    environ 110 ans (première copie de la page d'ouverture de C, vers 1968);
                                    105 ans (seconde copie de la page d'ouverture de C).
            La chute de la Tour noire se produisit en 3019 du Troisième Âge, et il était considéré que cet Âge s'était terminé à la fin de 3021; ainsi, les dates depuis la chute de la Tour (dans le même ordre, et en mettant de côté les approximations) sont 118, 108, 98, 108 et 103 du Quatrième Âge. Donc chaque date donnée dans les textes (et celle de la lettre de 1964) place le récit avant la mort d'Aragorn - qui eut lieu en 120 du Quatrième Âge, 1541 du comput de la Comté (fin de l'Appendice B); pourtant; chacun de ces textes se réfère au règne de son fils Eldarion.
            La solution doit résider dans le fait que, dans la première édition du Seigneur des Anneaux (ibid.), la mort d'Aragorn était placée vingt ans plus tôt, en 1521 du comput de la Comté, c'est-à-dire en 100 du Quatrième Âge. La date donnée par la lettre de 1964 ("environ cent ans après la chute") est en effet trop courte même en se référant à la datation de la première édition, mais cela est facilement expliqué par le fait qu'il s'agisse d'une approximation grossière appropriée au contexte. Plus intrigantes sont les dates données dans les deux versions de la première page du texte tardif C, qui entrent en contradiction avec la date de la mort d'Aragorn dans la seconde édition (1966). La première d'entre elles ("presque cent dix années") peut s'expliquer par le fait qu'elle reprend simplement la rédaction de B, que mon père suivait; mais dans la seconde version, il se pencha à l'évidence sur la date, puisqu'il la changea en "cent et cinq années", c'est-à-dire en 103 du Quatrième Âge. Je ne peux me l'expliquer.
            Dans la lettre de 1972, il donna une date beaucoup plus tardive, plaçant le récit vers 220 du Quatrième Âge (et donnant à Eldarion un règne d'au moins cent ans).
  8. Voir Le Retour du Roi (chapitre L'Intendant et le Roi), p. 247.
  9. À la fois A et B ont "fils" [au pluriel] pour "fils" [au singulier], et ils ne comprennent pas les mots "dans sa solitude". Sur la dernière référence, cf. la dernière phrase du texte C et sa différence par rapport à B (note 14).
  10. Ce passage de l'argumentation était assez différemment exprimé en B (qui suivait A presque exactement) :
    "Un homme," dit Borlas, "qui cultive un arbre et le protège des cloques, et mange ses fruits - qu'il produit plus abondamment que nécessaire pour sa simple vie; non pas que manger le fruit nécessite de tuer la graine - n'agit pas comme un chancre, ni comme un Orc.
    Mais au sujet des chancres, je m'interroge. Ils vivent, pourrait-on dire, et pourtant leur vie est mort. Je ne crois pas qu'ils faisaient partie de la Musique des Ainur, excepté dans les discordances de Melkor. Et de même pour les Orcs."
    "Et qu'en est-il des Hommes ?" dit Arthael.
    "Pourquoi le demandes-tu ?" dit Borlas. "Tu connais, à n'en pas douter, ce qui est enseigné ? Ils ne figuraient pas au départ dans la Grande Musique, mais ils n'y entrèrent pas avec les discordances de Melkor : ils vinrent d'Ilúvatar lui-même, et sont par conséquent appelés les Enfants de Dieu. Et tout ce qui figure dans la Musique, ils ont le droit de l'utiliser - de manière juste : c'est-à-dire avec révérence, pas avec fierté ou gratuité."
  11. Le nom Herumor apparaît dans Les Anneaux de pouvoir et le Troisième Âge (Le Silmarillion, p. 293), en tant que nom d'un renégat númenóréen qui devint puissant parmi les Haradrim durant la période précédant la Guerre de la Dernière Alliance.
  12. B (répétant exactement A) a ici : "Non, Maître Borlas, sur un tel sujet, on ne peut juger des mots sur la forme dans laquelle ils sont prononcés."
  13. A a ici "son père Duilin". Ceci, comme Egalmoth, est un autre nom du récit de Gondolin : Duilin était le chef de gens de l'Hirondelle, qui tomba des remparts lorsque "frappé par un éclair enflammé des Balrogs" (II.178). Il s'agissait aussi du nom originel du père de Flinding, plus tard Gwindor, de Nargothrond (II.79, etc.) : Duilin > Fuilin > Guilin.
  14. En ce point, C arrive à sa fin, au bas d'une page. B a ici : "Il n'avait pas été en bonne santé depuis le printemps; le grand âge le rattrapait" (voir note 9). A peu près à partir d'ici, comme noté précédemment, je suis le texte B, en changeant le nom Arthael en Saelon. - Le passage écrit sur une enveloppe oblitérée du 8 janvier 1968, mentionné en pp. 409-410, continuerait C à partir de ce point; il se lit (les dernières phrases étant très difficiles à débrouiller) :
    Car il vivait à présent avec seulement deux vieux serviteurs, retirés de la garde du Prince, au sein de laquelle il avait jadis servi lui-même. Sa fille s'était mariée il y a longtemps et vivait à présent dans un coin éloigné du royaume, et ensuite, sa femme était décédée dix ans avant. Le temps avait adouci sa peine, pendant que Berelach [son fils] était toujours près de la maison. Il était son plus jeune enfant et seul fils, et était dans la marine du Roi; pendant plusieurs années, il avait été cantonné au Harlond, facile d'accès par l'eau, et passait beaucoup de temps avec son père. Mais cela faisait trois ans maintenant depuis qu'il avait reçu un haut commandement, et il était souvent longtemps en mer, et quand à terre, le devoir le retenait encore à Pelargir, au loin. Ses visites avaient été rares et brèves. Saelon, qui ne venait précédemment que quand Berelach [? ... été son ancien ami] était avec Borlas, mais avait été très prévenant quand il était en Emyn Arnen. Toujours là pour discuter ou apporter des nouvelles, ou [? rendre] tout service qu'il pouvait.
    Pour le site des "quais et appontements du Harlond", voir Le Retour du Roi (chapitre Minas Tirith), p. 22.
  15. Borlas est décrit au début du récit comme le fils cadet de Beregond, et il était donc le frère de Bergil, fils de Beregond, qui était le compagnon de Pippin à Minas Tirith. En A, Borlas donnait le nom Bergil à son propre fils (précédé de Berthil).
  16. Pour Othrondir, A a Othrondor.